Souvent critiqué pour son inutilité et son manque d’action, le sommet des leaders de l’Asie Pacifique (APEC) de cette année espère contredire cette réputation et avoir un impact réel pour la lutte contre le réchauffement climatique.
« Si les Etats-Unis et la Chine peuvent accepter un certain nombre de principes en cours pour la lutte contre le réchauffement climatique, et obtenir le soutien des autres membres de l’APEC, cela sera très dur à ignorer » a déclaré Malcolm Cook de l’association Lowy Institute.
Le Premier Ministre australien John Howard a fait du réchauffement climatique un sujet de discussion prioritaire pour l’APEC.
Les Etats-Unis et l’Australie ont refusé de ratifier le Protocole de Kyoto limitant les émissions de gaz à effet de serre, appelant plutôt à des objectifs volontaires pour limiter le réchauffement climatique.
Le Président russe Vladimir Poutine étant aussi à Sydney pour le sommet de l’APEC, les responsables espèrent que la déclaration de l’APEC se fondera sur le sommet du G8 de juin, au cours duquel les nations riches ont accepté d’envisager une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
John Howard a écarté tout objectif contraignant pour réduire le réchauffement climatique mais espère que l’APEC mettra en place un objectif d’ensemble à la veille de la rencontre en septembre à Washington des grands pollueurs, convoquée par G.W. Bush pour travailler sur des réductions des émissions futures.
La Chine est constamment mise sous pression par rapport à ses émissions de dioxyde de carbone. Le pays devrait dépasser les Etats-Unis en tant que plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde d’ici 2008. Les dirigeants chinois ont rejeté les réductions d’émissions, mais tout comme les Etats-Unis, le Japon, l’Inde, la Corée du sud et l’Australie, la Chine est un membre du groupe AP6 de pays qui soutiennent l’énergie propre comme le moyen principal de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le groupe espère aussi que les technologies d’énergies propres domineront un pacte climatique post-Kyoto.
La première phase du Protocole de Kyoto s’achève en 2012, et les gouvernements veulent que les ministres de l’environnement lancent des discussions de deux ans lors d’un sommet des Nations Unies qui aura lieu en décembre à Bali en Indonésie. Ces discussions auront pour but d’établir un pacte de lutte contre le réchauffement climatique pour remplacer le Protocole de Kyoto d’ici 2009.
Les 21 leaders de l’APEC veulent donc discuter à Sydney du réchauffement climatique, mais aussi des moyens pour garantir la sécurité des réserves de nourriture.
Les membres de l’APEC sont l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, la Chine, Hong Kong, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie Nouvelle Guinée, le Pérou, les Philippines, la Russie, Singapour, la Corée du Sud, Taiwan, la Thaïlande, les Etats-Unis et le Vietnam.