L’Indonésie veut que les réductions des émissions de gaz à effet de serre venant de la préservation de ses vastes tourbières riches en dioxyde de carbone puissent faire l’objet d’un commerce dans le cadre du nouvel accord pour lutter contre le réchauffement climatique.
Cet accord sera l’objet des discussions sur le climat qui auront lieu à Bali en décembre, d’après les déclarations d’un responsable forestier de l’Indonésie lundi.
Sous le Protocole de Kyoto, les pays développés peuvent payer les pays pauvres pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre provenant des activités telles que la fabrication de réfrigérants et de fertilisants ainsi que la capture des gaz à effet de serre provenant des déchets agricoles et des décharges.
Mais les réductions des émissions provenant des zones forestières telles que les tourbières ne peuvent pas faire l’objet d’un tel commerce parce qu’elles ont été exclues du Protocole de Kyoto qui dure jusqu’en 2012.
« Afin que l’Indonésie préserve ses tourbières, le monde doit fournir des incitations, parce que nous savons que la tourbe est ce qui absorbe le plus de dioxyde de carbone dans le monde » a déclaré Wahjudi Wardojo, directeur général de la recherche forestière pour le Ministère forestier de l’Indonésie.
« Nous pensons que le modèle actuel doit être revu. Le marché du dioxyde de carbone devrait pouvoir financer la restauration des terrains dégradés et la reforestation de toute sorte, parce qu’il devrait y avoir des incitations pour tout effort de limitation des émissions de dioxyde de carbone ».
Wahjudi Wardojo dirige l’équipe d’Indonésie qui rédige une proposition pour réduire les émissions de dioxyde de carbone en préservant les forêts et les tourbières. Cette proposition sera examinée lors de la grande conférence qui aura lieu à Bali en Décembre, qui devrait marquer le début des discussions concernant un nouvel accord pour lutter contre le réchauffement climatique qui succéderait au Protocole de Kyoto.
D’après le Protocole de Kyoto, 35 nations riches sont obligées de réduire leurs émissions de 5% en–dessous des niveaux de 1990 d’ici 2008-2012.
« La proposition comprendra des projections à long terme, montrant que les entreprises peuvent faire du profit en participant au modèle RED en abandonnant les projets de transformation des tourbières » a déclaré Wahjudi Wardojo juste avant la conférence sur les tourbières, de trois jours dans la ville historique de Yogyakarta.
Le modèle RED est un modèle de réduction des émissions provenant de la déforestation (Reduced Emissions from Deforestation).
Des délégués de 189 pays devraient participer au sommet dirigé par les Nations Unies à Bali en Décembre, et entendre un rapport sur la réduction des émissions provenant de la déforestation afin de décider du sort du nouveau modèle. Ce modèle vise à réaliser des réductions d’émissions des zones forestières qui peuvent faire l’objet d’un commerce sur le marché du dioxyde de carbone.
Les tourbières sont considérées comme un nouveau terrain d’investissement intéressant et les investisseurs du monde entier rêve des milliards de dollars que les tourbières riches en dioxyde de carbone de l’Indonésie pourraient créer alors même que le monde lutte contre le réchauffement climatique.
L’Indonésie abrite près de 60% des tourbières tropicales menacées du monde et fait partie des trois principaux émetteurs de dioxyde de carbone quand on ajoute les émissions provenant des tourbières aux chiffres.
« Parmi les défis que nous devrons relever, il faut que nous faisions la liste de tous les types de tourbières, que nous définissions leur statut et leur condition. Puis nous devrons fixer un prix pour chaque tourbière en Indonésie » a déclaré Wahjudi Wardojo.