Les Nations Unies ont déclaré qu’une impulsion semblait naître pour une action à long terme plus importante pour lutter contre le réchauffement climatique après le Protocole de Kyoto des Nations Unies. Le meeting sur le réchauffement climatique qui a commencé aujourd’hui à Vienne sera un test de grande importance.
Près de 1000 délégués venant de plus de 100 pays lors des discussions qui ont lieu du 27 au 31 août chercheront une base commune de travail entre les nations industrialisées ayant adopté le Protocole de Kyoto et les nations qui n’ont pas adopté le Protocole de Kyoto comme la Chine et les Etats-Unis, les deux pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre dans le monde.
« Une impulsion est vraiment en train de naître » pour une action mondiale a déclaré lors du meeting Yvo de Boer, le principal responsable du réchauffement climatique des Nations Unies. « Et le meeting de Vienne va vraiment être très important ».
« Cette semaine va nous permettre de savoir si la communauté politique a la volonté de passer des platitudes bien intentionnées aux vraies négociations » a ajouté Yvo de Boer à la conférence de presse qui a eu lieu à la veille des discussions.
« La lutte contre le réchauffement climatique doit être élargie » a déclaré le ministre de l’environnement de l’Autriche, Josef Proell, félicitant la volonté des Etats-Unis de participer à un accord de long terme des Nations Unies pour réduire les émissions principalement provenant de la combustion des énergies fossiles.
Le meeting de Vienne tentera de rompre le blocage diplomatique et permettra aux ministres de l’environnement de se mettre d’accord lors du meeting de Bali en Indonésie en Décembre, ce dernier visant à lancer des négociations de deux ans pour définir les réductions à appliquer sur le long terme des émissions de gaz à effet de serre. Le Protocole de Kyoto prendra effectivement fin en 2012 et il faut lui trouver un successeur.
Mais alors que les délégués parleront de ces discussions, beaucoup s’inquiètent du fait que le réchauffement climatique a déjà sonné le glas, notamment dans les pays en développement qui dépendent fortement de l’agriculture.
« Nous sommes face à une situation très dangereuse qui se développe » a déclaré le ministre des ressources naturelles du Lesotho, Monyane Moleleki.
Le nombre de sécheresses importantes au sud de l’Afrique a doublé depuis 1978 comparé au reste du vingtième siècle a-t-il indiqué. « Et quand la pluie vient enfin, on a affaire à des déluges, des torrents de pluie qui sont inutiles ».
« Le Cap Vert est une île frappée par toutes les vulnérabilités du réchauffement climatique » a déclaré le Ministre de l’Environnement du Cap Vert, Madalena Neves, faisant référence aux risques climatiques tels que l’augmentation du niveau des mers et la désertification.
La probabilité qu’un accord soit conclu à Bali a fortement augmenté après que les Nations Unies ont publié un rapport cette année accusant les activités humaines d’être responsables du réchauffement climatique qui devrait être à l’origine de plus de canicules, de sécheresses, d’érosion, de fonte des glaciers et de l’augmentation du niveau des mers.
Et le Président G.W. Bush, un opposant au Protocole de Kyoto, s’est mis d’accord en juin avec ses alliés industriels sur le besoin de « réductions substantielles » des émissions de gaz à effet de serre. Le terme « substantiel » est flou et on ne sait pas ce qu’il signifie pour Washington.
L’Union Européenne, le Japon et le Canada ont parlé d’un besoin de diviser par deux les émissions mondiales d’ici 2050 pour ralentir le réchauffement climatique.
De nombreuses nations souhaitent qu’une « carte routière » soit dessinée en Indonésie à Bali, c’est-à-dire un plan de deux ans pour travailler sur un accord qui succèderait au Protocole de Kyoto.