Les appels américains et australiens pour un nouvel accord mondial visant à lutter contre le réchauffement climatique et remplacer le Protocole de Kyoto des Nations Unies déforment un certain nombre d’éléments clés du plan des Nations Unies, d’après un responsable de l’ONU pour le climat.
« J’ai lu certains choses récemment qui me préoccupent » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat pour le réchauffement climatique des Nations Unies. Il faisait référence aux critiques lancées par l’Australie et les Etats-Unis contre le Protocole de Kyoto.
Les Etats-Unis et l’Australie sont les seuls pays industrialisés à n’avoir pas ratifié le Protocole de Kyoto et à favoriser un traité à plus long terme après 2012.
« Si vous regardez attentivement le Protocole de Kyoto, la plupart des choses que les Etats-Unis et l’Australie défendent comme étant des éléments importants d’une façon efficace d’agir sont en fait déjà dans le Protocole de Kyoto » a déclaré Yvo de Boer.
Selon lui, le Protocole de Kyoto devrait être amélioré et étendu plutôt qu’abandonné, ce qui va à l’encontre des propos récents tenus par la Secrétaire d’état des Etats-Unis pour la Démocratie et les Affaires mondiales Paula Dobriansky, ainsi que de ceux du Ministre des Affaires étrangères de l’Australie Alexander Downer.
Cette semaine, Alexander Downer a écrit dans le journal australien The Age : « Le réchauffement climatique demande une réponse mondiale effective et durable. Le Protocole de Kyoto ne correspond pas à ce genre de réponses. Le protocole de Kyoto couvre environ un tiers des émissions mondiales. Il ne demande rien d’important aux économies en développement de notre région ».
Mais Yvo de Boer a déclaré que le Protocole de Kyoto avait été ratifié par 175 pays représentant plus de 70% des émissions mondiales, y compris les nations en développement asiatiques comme la Chine, l’Inde et l’Indonésie.
« Alors qu’il est vrai que seulement un groupe limité de pays a des objectifs de réduction des émissions contraignants, le Protocole oblige pourtant aussi les pays en développement à soumettre des projets et des programmes pour limiter leurs émissions » a déclaré Yvo de Boer.
« On voit vraiment que les pays en développement agissent ».
Il a ajouté que le Président de l’Inde, Pratibha Patil, avait demandé à ce que 25% de l’électricité du pays soit produite par des sources d’énergie renouvelable d’ici 2030, et la Chine projette de réduire l’intensité de l’énergie demandée par son économie de 20% d’ici cinq ans.
Le Protocole de Kyoto oblige 35 nations riches –représentant un tiers des émission- à réduire leur production de gaz à effet de serre, provenant principalement de la combustion des énergies fossiles, d’au moins 5% d’ici 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990.
Yvo de Boer citait Paula Dobriansky qui a déclaré à l’agence de presse japonaise Kyodo cette semaine que Washington essayait d’obtenir un pacte anti-réchauffement climatique au-delà de 2012 qui soit différent de celui du Protocole de Kyoto.
« Paula Dobriansky parle d’un processus fait pour se concentrer sur des approches allant du bas vers le haut. Ce qui est lié je pense à l’impression qu’ont certaines personnes que les objectifs sont imposés aux pays dans le contexte par les Nations Unies » a déclaré Yvo de Boer.
Mais selon lui les réductions fixées par le Protocole de Kyoto ont été volontairement mises en place par chaque pays –y compris les Etats-Unis- et il y avait plusieurs façons d’atteindre ces objectifs, par exemple en participant à la bourse du carbone ou en investissant dans des sources d’énergies propres dans les nations les plus pauvres.
Le Président G.W.Bush a décidé en 2001 de ne pas appliquer le Protocole de Kyoto, estimant que cela coûterait trop et excluait à tort la mise en part d’objectifs pour 2012 aux nations pauvres.
Le Président G.W. Bush a invité les grands pays pollueurs à un meeting qui aura lieu à Washington les 27 et 28 Septembre pour travailler sur des objectifs de long terme d’ici la fin de l’année 2008 pour réduire les émissions.