Plus des deux tiers des réductions des émissions de gaz à effet de serre nécessaires d’ici 2030 pour lutter contre le réchauffement climatique devront être réalisées par les pays en développement, d’après un rapport publié jeudi du Secrétariat des Nations Unies pour le Réchauffement Climatique.
D’ici 2030, le monde aura besoin de dépenser chaque année des centaines de milliards de dollars pour lutter contre le réchauffement climatique a déclaré le rapport des Nations Unies qui cherchait à déterminer une « réponse internationale appropriée au réchauffement climatique ».
« Ce n’est pas juste une question d’investir plus d’argent dans le problème » a déclaré Yvo e Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies sur le réchauffement climatique.
« Il est très important de mettre en place des politiques et des mesures qui guideront ces investissements dans la bonne direction », et notamment dans les pays en développement.
Le rapport indiquait que les émissions devaient diminuer et atteindre les niveaux de 2004 dans les 25 prochaines années. Environ 68% des réductions des émissions devront être réalisées dans les pays en développement.
La lutte contre le réchauffement climatique se divise en deux parties : la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui sont à la source du problème, et la préparation au changement climatique qui est désormais inévitable.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre coûtera à elle seule 210 milliards de dollars annuellement d’ici 2030, via les mesures telles que l’investissement dans l’efficience énergétique ou dans les sources d’énergie renouvelables à faible taux en carbone, a indiqué le rapport des Nations Unies.
« Pour atteindre la grande partie de cet objectif de retourner au niveau d’émissions de gaz à effet de serre de 2004 d’ici 2030, il ne faut pas forcément investir plus d’argent mais il faut que les investissements actuellement placés dans la construction de nouvelles centrales électriques soient plutôt orientés vers l’amélioration de l’efficience énergétique » a déclaré Yvo de Boer.
L’adaptation au réchauffement climatique est plus difficile à estimer mais devrait coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année d’ici 2030.
Les émissions du gaz à effet de serre le plus commun augmentent en grande partie parce que les pays en développement comme la Chine et l’Inde alimentent leur croissance économique très rapide au moyen de la combustion de charbon.
La Chine devrait dépasser les Etats-Unis comme le pays qui émet le plus de dioxyde de carbone cette année, si ce n’est pas déjà fait selon les analystes.
La réponse au problème est à la fois une aide étrangère aux pays en développement et aux nations du monde les plus pauvres et une action interne comme l’élimination des politiques qui favorisent les énergies fossiles par rapport aux énergies renouvelables, d’après le rapport des Nations Unies.
Une autre solution est la bourse du carbone, l’échange de crédits de dioxyde de carbone, grâce auxquels les pays riches atteignent les objectifs d’émissions de leur pays en achetant des compensations de dioxyde de carbone aux pays en développement.
« Il s’agit de mettre en place des politiques intelligentes… y compris celle de la bourse du dioxyde de carbone » a déclaré Yvo de Boer.
Le rapport de jeudi des Nations Unies estime que le commerce du dioxyde de carbone pourrait fournir entre 400 million et 6 milliards de tonnes de gaz à effet de serre réduits chaque année, d’ici 2030.