Le gouvernement fédéral canadien refuse de se soumettre à la Loi et continue de permettre l’augmentation des gaz à effet de serre, selon le Réseau action climat Canada. Le premier plan du gouvernement fédéral canadien sur les changements climatiques, tel que requis par la Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto, a failli à son obligation d’offrir une voie crédible pour atteindre les objectifs de Kyoto, ajoute le Réseau action climat Canada.
Ce plan confirme également avec certitude l’augmentation des émissions canadiennes, affirme Climate Action Network Canada/Réseau action climat Canada (CAN-RAC). Il est finalement improbable que ce nouveau plan, une simple réédition du plan largement critiqué d’avril dernier, puisse même amener une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES).
« Ce rapport est une honte pour la majorité de la population canadienne qui exige que le Canada exerce son leadership sur l’enjeux des changements climatiques», ajoute Dale Marshal de la Fondation David Suzuki. «Nous méritons plus que 37 pages d’excuses prétextant les raisons pour lesquelles le gouvernement ne veut pas prendre les actions appropriées pour aider à protéger l’avenir des Canadiens et de la planète. »
Le gouvernement a maintes fois affirmé qu’il n’entendait pas atteindre les objectifs canadiens de réductions des émissions de GES requis par le protocole de Kyoto. En avril, le ministre de l’Environnement John Baird a en effet publié une proposition de réglementation qui maintiendrait au-delà de 2020 des niveaux d’émissions supérieurs aux cibles de Kyoto pour la période 2008-2012.
Dans son premier rapport en vertu de la loi C288 qui porte le titre ¨Plan sur les changements climatiques pour la Loi de mise en œuvre du Protocole de Kyoto-2007¨, le gouvernement fait la démonstration que son approche amènera les émissions canadiennes à un niveau 30% supérieures aux objectifs de Kyoto pour 2008-2012.
«Cette loi est un acte d’imputabilité pour le climat», dit John Bennet de Climate for Change, «Son objectif est d’amener de la transparence et de l’intégrité dans le dossier des changements climatiques permettant aux citoyens de décider si les élus prennent les décisions et actions efficaces pour éviter les niveaux dangereux de changements climatiques. Maintenant, ils savent à quoi s’en tenir.»
Le plan inclus la même liste d’actions visant à diminuer les émissions qu’en avril dernier, mais n’amène aucune nouvelle initiative pour contrer l’augmentation des émissions canadiennes. De plus, les projections de réductions d’émissions du plan manquent de clarté, puisque le document ne spécifie pas clairement sur quelles bases les réductions se réaliseront
«Comme avec le plan précédent, les grands émetteurs industriels obtiennent un passe droit en se faisant demander de réduire leurs émissions sur la base de l’intensité plutôt qu’en terme absolu. En d’autres mots, c’est du pareil au même.» d’ajouter Daniel Breton de la Coalition Québec Vert Kyoto.
«La réponse du gouvernement à cette loi est confuse, trouble et illégale» affirme Steven Guilbeault de Greenpeace Canada. «Alors que l’urgence d’agir sur le dossier du réchauffement de la planète n’a jamais été aussi évidente, le gouvernement a choisi de se cacher derrière une litanie de vieilles annonces inadéquates. Ceci est tout simplement inacceptable.»
La Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto, qui a pris force de loi le 22 juin dernier, crée l’obligation légale pour le gouvernement du Canada d’atteindre les objectifs de Kyoto en utilisant des règlements et autres mesures. Les trois partis d’opposition ont voté en faveur de cette loi à la Chambre des Communes. Comme première étape, la Loi oblige le ministre de l’Environnement, dans les 60 jours suivant sone entrée en vigueur, un plan crédible afin que le Canada atteigne les objectifs de Kyoto.