Les industries chimiques en Chine peuvent faire beaucoup de profits en détruisant des gaz à effet de serre puissants, soulignant ainsi le besoin de changer les règles du schéma d’incitation du protocole de Kyoto, d’après un rapport des Nations Unies.
D’après Reuters, les investisseurs occidentaux qui échangent des crédits de dioxyde de carbone pourraient aussi faire des profits importants grâce à ce schéma s’il garde sa forme actuelle.
La Chine, du fait de son économie en croissance très rapide, est devenue un élément crucial de la lutte contre le réchauffement climatique.
La Chine devrait dépasser les Etats-Unis en 2008 et devenir le plus grand émetteur de dioxyde de carbone, le gaz à effet de serre le plus commun.
Mais la Chine est aussi devenue un bénéficiaire important des incitations à la destruction de gaz à effet de serre plus puissants, via un schéma mis en place sous le protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique.
Ces incitations apparaissent aujourd’hui très généreuses, d’après ce qu’un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a montré.
Les usines en Chine, et d’autres en Inde, au Mexique, en Argentine et en Corée du sud, gagneront dix fois plus d’argent que ce dont elles ont besoin actuellement pour détruire les gaz à effet de serre puissants, d’après le rapport du PNUE.
Ce rapport propose que des leviers nationaux soient appliqués pour limiter les gains financiers des fabricants individuels » après que le premier cycle du financement du projet ne finisse en sept ans.
Le Protocole de Kyoto a été élaboré pour lutter contre le réchauffement climatique et permet aux pays riches d’acheter des compensations au dioxyde de carbone qu’ils émettent, ou des crédits de carbone, qui les aident à atteindre les limites fixées sur leurs émissions en participant au financement des réductions de ces émissions dans les nations en développement.
L’industrie du réfrigérant dans les pays en développement produit des gaz à effet de serre tellement puissant que les détruire permet aux usines et à leurs investisseurs de gagner des millions de crédits de dioxyde de carbone.
Les projets, surtout en Chine, ont été très controversés, parce que les spéculateurs occidentaux en ont profité et parce qu’ils ont pu par mégarde conduire à la production d’un gaz à effet de serre, appelé le HFC 23.
Le schéma baptisé Clean Development Mechanism ou mécanisme de développement propre est le meilleur dont on dispose actuellement, d’après le rapport du PNUE.
« Le CDM lui même est le seul mécanisme disponible sur lequel on peut compter pour éviter les émissions de HFC 23 à court terme » indique le rapport du PNUE.
Le schéma est si généreux que les usines chimiques gagneront encore plus d’argent en détruisant les gaz à effet de serre qu’en produisant le gaz réfrigérant, son activité d’origine.
Les usines chimiques gagneront jusqu’à 880 million de dollars par an en vendant des crédits de dioxyde de carbone, mais ne gagneront que 510 million en vendant le gaz réfrigérant.
Les projets concernant le HFC 23 représentent plus de la moitié de l’ensemble des limitations d’émissions réussies sous le CDM jusqu’à présent.
Les investisseurs occidentaux pourront aussi faire du profit grâce à ce schéma.
Les projets HFC généreront plus de 600 million de tonnes de crédits de dioxyde de carbone pendant les sept premières années, d’après le rapport du PNUE.
Les investisseurs de Londres ou New York ont acheté des crédits de dioxyde de carbone à des industries chimiques pour environ 6 euros par tonne et peuvent maintenant les revendre à 16 euros par tonne.
Les gouvernements qui ont signé le Protocole de Kyoto discuteront des changements à appliquer aux règles du schéma d’échange de crédits de dioxyde de carbone, en décembre à Bali en Indonésie.