L’énergie a de nombreux usages dans un logement, mais parmi ceux-ci, le chauffage prédomine. La consommation domestique d'énergie représente en 2004, tous usages confondus, 15% des dépenses des ménages consacrées au logement, ou 3,7% de leurs dépenses totales selon une nouvelle étude de l'Institut français de l'environnement (Ifen).
La consommation domestique d'énergie moyenne, toutes sources d’énergie confondues, est de 20,8 MWh/an par résidence principale, soit 229,5 kwh/m²/an (ou 1,9 tep/an/logement). Multipliée par 30,8 millions de logements, la demande moyenne énergétique des ménages depuis 30 ans correspond au tiers de la consommation totale d’énergie en France.
Pour l'Institut français de l'environnement (Ifen), la consommation domestique d'énergie a donc des incidences majeures sur l’environnement : émissions dans l’air de gaz polluants ou à effet de serre et autres impacts liés au mode de production de l’énergie.
Le chauffage des logements émet dans l’atmosphère des gaz précurseurs d’ozone (oxydes d’azote, composés organiques volatiles non métalliques (COVNM), et monoxyde de carbone), des particules (de diamètre de 1 à 10 µm - PM10, PM2,5 et PM1) et des gaz acidifiants (oxydes de soufre SOx, oxydes d'azote NOx, ammoniac NH3). Il est responsable de 25% des émissions nationales de COVNM et de 29% de celles de monoxyde de carbone (CO). Le secteur résidentiel est à l’origine en 2004, de 20% des PM10 émises au niveau national, 32% des PM2,5 et 53% des PM1. Les impacts sanitaires de ces dernières sont majorés, car plus fines, elles pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires, prévient l'Institut français de l'environnement.
Le chauffage des logements contribue également à 14% des émissions nationales de gaz à effet de serre. En 2003, les émissions d’un logement sont de 3,8 tonnes équivalent CO2 (estimation selon le bilan Secten pour la France). Le principal gaz émis est du CO2, puisque 58% de l’énergie totale utilisée est d’origine fossile (gaz, fioul et charbon). Par ailleurs, le développement de la climatisation génère des émissions croissantes de gaz (HFC) au fort pouvoir réchauffant.
Pour l'Institut français de l'environnement (Ifen), la réduction des émissions de GES est un enjeu majeur pris en compte dans les politiques publiques (plan Climat et loi d’orientation énergétique de 2005). La maîtrise de la consommation d’énergie dans le bâtiment en général (logements et bâtiments du secteur tertiaire) est un levier essentiel. La mise en place de crédits d’impôts sur des équipements incite les ménages à maîtriser la consommation d’énergie et encourage l’approvisionnement en énergies renouvelables.
En 2004, 11% des ménages ont fait des dépenses pour des travaux de maîtrise de l’énergie. Ils ont dépensé, en 2004, 75 milliards d’euros (2 738 € en moyenne); les 2/3 pour l’isolation, le reste pour l’acquisition d’équipement de chauffage. En 2005, 90 000 chaudières individuelles sur les 450 000 remplacées chaque année sont performantes et à basse température, environ 31 250 chauffe-eau solaires individuels ont été achetés entre 2000 et 2004. Enfin, le réglage de la température intérieure en hiver à 19°C au lieu des 21°C, grâce aux thermostats dont sont équipés 64% des ménages, est aussi conseillé d’un point de vue sanitaire et environnemental.
L’électricité est la seconde source d’énergie domestique. Sa consommation annuelle a doublé entre 1982 et 2005 pour atteindre 273 TWh. Outre la pénétration de l’électricité comme source de chauffage, le développement de l’équipement électrique des foyers est une des raisons de cet accroissement : entre 1973 et 1998 la consommation d’électricité de l’électroménager a été multipliée par 29, celle de l’audiovisuel par 18. Les impacts environnementaux de la consommation d’électricité sont indirects car ils dépendent de la façon dont elle est produite.
Par exemple, la production électronucléaire génère des déchets radioactifs : en 2003, la consommation par le secteur résidentiel (134,6 M KWh) a été à l’origine de 121 tonnes de déchets radioactifs à vie longue (durée de vie supérieure à 10 000 ans). Les centrales électronucléaires ou hydrauliques perturbent aussi le fonctionnement des cours d’eau (rejets d’eau plus chaude, barrages…). Les centrales thermiques classiques qui fonctionnent au gaz, au fioul ou au charbon sont une source d’émission de carbone. En fin de vie, les appareils électroménagers deviennent des déchets spécifiques difficiles à recycler. L’acquisition d’équipements électroménagers avec une étiquette énergie A+, l’emploi de programmes froids pour le lavage du linge permettent de réduire de 20% à 40% la consommation d’électricité de ces équipements, conclu l'Institut français de l'environnement (Ifen).