Chacun d'entre nous exerce dans sa vie quotidienne des pressions sur l'environnement, dont nous n'avons pas toujours conscience. Ces pressions, qui paraissent négligeables à l'échelle de l'individu, peuvent avoir, collectivement, de forts impacts sur l'environnement. C’est ainsi que les vacances participent à l’augmentation du réchauffement climatique, selon l'Institut français de l'environnement (Ifen).
16% des émissions annuelles de gaz carbonique (CO2), le principal gaz à effet serre responsable du réchauffement climatique, provoquées par les déplacements des français en voiture, soit 12,4 millions de tonnes, correspondent aux déplacements de ceux qui partent en week-end ou en vacances. La moyenne de CO2 dégagé par un départ en vacances est de 187 kilos par français.
Pour l'Institut français de l'environnement (Ifen), les dynamiques en œuvre dans les activités touristiques des ménages en vacances évoluent et ont des effets croissants sur l’environnement et l’économie. Les motifs personnels (agrément, famille, amis…) amènent les Français à se déplacer en masse en France ; 165 millions de séjours (2005) s’ajoutent à environ 57 millions d’excursions (2004). En 2005, 65% des citadins, dont 23% habitant l’agglomération parisienne et 30% vivant dans des agglomérations supérieures à 100 000 hab., partent en vacances.
Selon l'Institut français de l'environnement (Ifen), les départs en vacances restent concentrés en été et les fins de semaine. Les séjours se raccourcissent. 29% des séjours annuels se déroulent sur les 2 mois d’été. En 2005, chaque Français est parti pour 5,4 week-ends et pour 2,66 excursions dont 60% les jours de fin de semaine et jours fériés. Les Français sont plus nombreux à partir en congés (+24% entre 1990 et 2004), mais les courts séjours (de moins de 3 nuitées) se multiplient (+14% entre 1998 et 2004), tandis que les longs et moyens séjours se raccourcissent (de 14 à 10 nuitées en moyenne en 15 ans).
Ces mouvements ont des implications locales : accroissement des nuisances routières (embouteillages, bruit, pollution de l’air), accentuation de l’utilisation des équipements collectifs des communes réceptrices (traitements des eaux usées, déchets, alimentation en eau potable), augmentation des loisirs ayant la nature pour support, tout en s’accompagnant d’un gain économique local indéniable.
Les déplacements liés aux vacances, effectués en voiture, génèrent environ 12,4 Mteq CO2, principal gaz à effet serre responsable du réchauffement climatique, soit 16% des GES émis sur le territoire national par les véhicules particuliers. Plus le déplacement est de courte durée, plus le poids du transport se fait ressentir dans les émissions de gaz à effet serre, comme dans le budget vacances des ménages. Pour l’ensemble des séjours, quelle que soit leur durée, un voyage en voiture représente en moyenne 187 kg eq CO2, sans considérer les déplacements quotidiens pendant la durée du séjour. Une seule excursion en voiture à la journée émet 93 kg de CO2.
Pour l'Institut français de l'environnement (Ifen), les voyages en train représentent 13% des déplacements touristiques sur le territoire national. Un voyage en train génère 12 fois moins d’émission de GES qu’un voyage en voiture à distance égale. En revanche, 53% des départs vers l’étranger (20 millions de séjours) s’effectuent en avion, ce qui représente environ 13 Mteq CO2.
Avec les arrivées de touristes, la démographie de certains départements peut doubler voire même tripler. Les Français se rendent essentiellement en ville, à la campagne (34% et 33%), pour des séjours relativement courts (en moyenne 4,5 nuitées). À l’opposé, ils sont moins nombreux à se rendre sur le littoral (26% des destinations) et à la montagne (14% des destinations), mais leurs séjours y sont plus longs (en moyenne 8 et 7 nuitées). Cet apport démographique temporaire, mais parfois considérable (surtout quand on rajoute les étrangers), pose des problèmes dans les milieux où la ressource en eau est fragile (mer et montagne). Des stations d’épuration, calibrées sur les populations de pointe, fonctionnent en "sous-régime" une partie de l’année.
Enfin, d’après l'Institut français de l'environnement (Ifen), les activités des ménages sur leur lieu de vacances tirent partie des ressources offertes par la nature. En 2005, les activités terrestres représentent 38% des activités déclarées, parmi lesquelles la promenade est évoquée à 22%, la visite de sites naturels à 5,5% et la randonnée 3,1%.
Parmi les activités nautiques déclarées (9,6% en 2005), la natation vient en tête. Certains espaces peuvent connaître un cumul d’activités créant des conflits d’usage soit entre loisirs (promeneurs et usagers de loisirs motorisés, ou chasseurs, pêcheurs par exemple), soit au détriment d’une ressource (la ressource halieutique pour la production conchylicole et la pêche à pied ou bien le nautisme…, la ressource en eau restreinte en période de sécheresse entre agriculteurs et usagers de l’eau potable). C’est en mer et en montagne que ces conflits peuvent être exacerbés, compte tenu de l’attractivité de ces espaces, de la fragilité des milieux et des aménagements durs qu’ils supportent (ports, stations de ski…).
Mais il n’y a pas qu’en vacances que les français participent au réchauffement climatique, c’est aussi le cas dans la vie de tous les jours. Ainsi, chaque français consacre à ses déplacements 55 minutes par jour. Cette durée est la même qu’il y a 20 ans. Mais les motifs et les moyens de cette mobilité ont évolué : dispersion des destinations et motorisation individuelle des modes de transport. Les pressions sur l’environnement liées à cette mobilité s’accroissent et touchent directement le cadre de vie et la santé des ménages (pollution urbaine locale et bruit). Le recours quotidien accru à la voiture met en jeu des émissions croissantes de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.