Le projet Gripavi piloté par le Cirad est destiné à prévenir des risques d’une pandémie de grippe aviaire. Ce Fonds de solidarité prioritaire (FSP) du ministère des Affaires étrangères et européennes, conçu en multi-disciplinarité a pour objectif une meilleure connaissance du virus de la grippe aviaire afin d'éviter tout risque possible de pandémie.
Gripavi : le projet pour lutter contre le virus de la grippe aviaire est inancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes. Gripavi fait partie des Fonds de solidarité prioritaire (FSP) et il doit apporté une aide aux pays de la zone de solidarité prioritaire (ZSP) en matière de développement institutionnel, social, culturel et de recherche. La maîtrise d’ouvrage de ce projet de 36 mois a été confiée au Cirad, en association avec des organismes français et étrangers.
Le FSP mobilisateur Gripavi (Écologie et épidémiologie de la grippe aviaire dans les pays du Sud) a pour objectif principal de mieux connaître l’écologie du virus et l’épidémiologie de l’Influenza aviaire chez l’animal afin de prévenir les risques de pandémie. Ce projet mobilise de manière complémentaire des disciplines très variées allant de la virologie jusqu’à l’économie et la sociologie en passant par l’ornithologie, l’écologie, l’épidémiologie, la modélisation. Gripavi s’inscrit dans une complémentarité forte, à la fois thématique et géographique, avec les nombreuses autres initiatives de recherche sur l’influenza aviaire, en France et sur le plan international.
Le projet Gripavi contre les risques d’une pandémie de grippe aviaire se décline sous trois volets : une meilleure connaissance du mode de transmission de ces virus faisant la part entre diffusion virale par les oiseaux sauvages ou par les volailles domestiques, et précisant les modalités de leur persistance dans les pays infectés ; une analyse des méthodes de lutte actuelles et futures reposant sur la modélisation de la diffusion des virus ; la déduction de méthodes de surveillance adaptées aux spécificités épidémiologiques de ces infections et aux méthodes de contrôle disponibles.
Six pays du Sud (Ethiopie, Madagascar, Mali, Mauritanie, Vietnam et Zimbabwe) ont été retenus pour constituer ensemble et de manière complémentaire un méta-observatoire de l’écologie virale et de l’épidémiologie des virus de l’influenza aviaire et de la maladie de Newcastle (autre virus aux caractéristiques proches, et endémique chez les oiseaux domestiques en Afrique et Asie).
En fonction des caractéristiques de chaque écosystème, les recherches seront conduites sur les sites suivants : L’observatoire d’Ethiopie, centré sur la vallée du Rift, étudiera en priorité les risques d’introduction de la maladie à partir du commerce de poussins d’un jour et ceux de diffusion au travers des filières domestiques ; L’observatoire de Madagascar, centré sur la zone du Lac Alaotro et sur l’axe Fianarantsao - Antananarivo, étudiera en priorité les mécanismes du maintien des virus dans le milieu naturel et les risques de diffusion du virus par les circuits commerciaux, ainsi que les facteurs sociaux pouvant interférer avec le contrôle des maladies ; L’observatoire du Mali, centré sur le delta intérieur du Niger et sur la zone péri-urbaine de Bamako, étudiera en priorité les flux viraux entre la faune sauvage et la filière avicole domestique ; L’observatoire de Mauritanie, centré sur le Ban d’Arguin, étudiera en priorité la circulation virale au sein de l’avifaune sauvage ; L’observatoire du Vietnam sera assuré par le pôle PRISE. Le Vietnam est un pays où la situation est complexe : après les épizooties de 2003 et 2005 et les campagnes de vaccination qui ont suivi, le virus HPAI H5N1 continue à circuler. Le Pôle PRISE intégrera donc en priorité des études sur la diffusion du virus dans les systèmes villageois et l’évolution génétique du virus et de sa pathogénicité ainsi que les stratégies de contrôle et de surveillance ; L’observatoire du Zimbabwe, centré sur les lacs Manyame et Clivero, étudiera en priorité les mécanismes de circulation du virus entre différents compartiments d’élevages domestiques industriels, paysans et la faune aviaire.
Les partenaires étrangers impliqués dans le projet Gripavi contre les risques d’une pandémie de grippe aviaire se sont réunis à Montpellier les 28 et 29 juin 2007 pour un premier comité technique. La réunion a permis aux différents acteurs, particulièrement mobilisés, de définir de façon concertée les priorités de recherche en fonction de leur situation spécifique. Des méthodologies communes de travail ont été arrêtées en matière de suivi longitudinal des sites, d’analyse des risques et de modes de prélèvements. Un plan de travail annuel a été préparé pour chaque observatoire ; il sera validé lors de la prochaine réunion du comité de pilotage prévue le 10 septembre. L’Office International des Epizooties (OIE) assure la coprésidence du comité de pilotage, composé de personnalités scientifiques indépendantes issues d’organisations de référence comme la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et l’ AU/IBAR (African Union / Interafrican Bureau for Animal Resources).
Le projet Gripavi comprend également une importante composante de développement des compétences scientifiques au Sud avec des ateliers de mises à niveau en épidémiologie et analyse de risque ainsi que le financement et l’encadrement de six thèses de doctorat pour des partenaires du Sud.