Contamination aux PCB (Polychlorobiphényles) de type dioxine des poissons du Rhône, alors que le 23 février dernier, la Préfecture du Rhône annonçait l’extension de la zone d’interdiction de pêche des poissons sur le Rhône, avec un nouvel arrêté inter-préfectoral Isère-Rhône étendant la zone géographique de l’interdiction de consommation en aval de la confluence Rhône Saône jusqu’au barrage de Vaugris, obstacle physique limitant le passage des poissons contaminés par les PCB plus en aval.
En conséquence, l’interdiction de consommer le poisson pêché s’appliquait alors sur tout le linéaire du fleuve Rhône depuis le barrage de Sault Brénaz, à l’amont, jusqu’au barrage de Vaugris, à l’aval. Or la zone géographique concernée par cette interdiction ne cesse de croître. Ainsi, c’est au tour de la préfecture du Vaucluse de préciser que la pêche des poissons du Rhône en vue de la consommation et la commercialisation est interdite par arrêté préfectoral du 7 août 2007 en raison de résultats d’analyse défavorables révélant une contamination de ces poissons en PCB de type dioxine.
Selon elle, les prélèvements ont été effectués dans le cadre d’une enquête visant à déterminer une éventuelle contamination des poissons, et son niveau, en aval des départements du Rhône, de l’Ain, de l’Ardèche et de la Drôme où une contamination du même type avait été mise en évidence précédemment.
Le plan d’échantillonnage a été établi en concertation avec l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA). Une nouvelle expertise de l’AFSSA interviendra d’ici l’automne prochain, pour réévaluer la situation et adapter les mesures.
Les polychlorobiphényles (PCB) - plus connus sous le nom de pyralène – sont des contaminants environnementaux liés à l’activité humaine. Leur commercialisation est interdite depuis 1987 et on ne les trouve plus aujourd’hui que dans d’anciens systèmes clos comme les condensateurs électriques et les transformateurs. Un plan visant à leur élimination est en cours.
Ces molécules sont très stables dans l’environnement et se fixent, lorsqu’elles sont présentes, dans la matière grasse des animaux contaminés et de leurs produits. Ainsi, la consommation réitérée du poisson contaminé peut constituer un risque potentiel pour la santé humaine. Une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n’a pas de conséquences sanitaires, estime la préfecture du Vaucluse, ajoutant que la pêche (sans consommation), la baignade et les sports nautiques ne présentent aucun risque sanitaire pour l’Homme.
Des investigations sont en cours pour déterminer la cause de ces contaminations. A cet effet, le préfet de la région Rhône-Alpes, coordonnateur de bassin, a confié à la DIREN, en lien avec l’ensemble des services de l’Etat concernés à l’échelle locale, l’élaboration d’un programme d’études et de recherche pour comprendre le phénomène de pollution (origine et mobilisation des PCB dans les sédiments), l’incidence des rejets actuels et définir un programme de gestion visant à améliorer la situation. Ce programme sera débattu d’ici fin septembre, avec les élus, les représentants de la société civile et les industriels concernés.
Le PCB dans le Rhône reste un problème qui perdure depuis 2005. Au cours du premier semestre 2005, des analyses de chair de poissons pêchés dans le canal de Jonage avaient mis en évidence une contamination par les PCB (Polychlorobiphényles).
Le 26 août 2005, l’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) rendait un avis mettant en avant un risque pour les consommateurs réguliers de ces poissons. En application du principe de précaution, le préfet du Rhône a donc interdit, par arrêté du 22 septembre 2005, la consommation des poissons pêchés dans le canal de Jonage et le plan d’eau du Grand Large.
Les services de l’Etat avaient alors mis en place un protocole d’analyse indispensable à la cohérence des résultats et à leur comparaison. Le 9 janvier 2006, les ministères de la Santé et de l’Agriculture avaient indiqué que le taux de contamination nécessitait le maintien de l’interdiction de consommation et la détermination des origines de cette contamination. Dès lors, des investigations avaient été menées sur le fleuve Rhône en s’éloignant, par étape, du premier secteur où la contamination a été découverte. C’est ainsi que différents arrêtés préfectoraux et inter-préfectoraux ont étendu la zone d’interdiction du barrage de Sault Brénaz (dans l’Ain) à la confluence Rhône Saône.
Il est rappelé que seule la consommation très régulière et sur une période prolongée de poissons contaminés peut entraîner un danger pour la santé humaine. Aucun risque de contamination n’existe par simple contact avec l’eau ni avec son ingestion. En effet, ce sont des composés hydrophobes, de ce fait très peu solubles dans l’eau. En raison de leurs propriétés physico-chimiques, ils entrent dans la chaîne alimentaire par le biais des poissons et du phytoplancton.