Un responsable haut placé du réchauffement climatique pour les Nations Unies a émis des doutes hier à propos de la possibilité d’un impôt mondial sur le dioxyde de carbone mais a aussi déclaré que les impôts nationaux étaient en revanche possibles et que des lois pour limiter les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique étaient plus adaptées pour les entreprises.
« Je suis personnellement sceptique quant à la notion d’impôt mondial sur le dioxyde de carbone » a déclaré Yvo de Boer, qui dirige la Convention sur le Réchauffement Climatique des Nations Unies.
Parvenir à un accord international sur un tel impôt prendrait énormément de temps d’après lui, et cela serait encore plus long d’obtenir un accord final qui convienne aux Nations Unies pour gérer le réchauffement climatique.
Lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une conférence de presse du premier grand meeting des Nations Unies dédié entièrement au réchauffement climatique, Yvo de Boer a déclaré que les nations individuelles, dont les Pays-Bas dont il est issu, ont déjà mis en vigueur des impôts pour l’environnement.
Cependant, il a déclaré qu’avec les impôts nationaux on ne pouvait pas prévoir les effets sur le réchauffement climatique, alors qu’on pouvait aisément prévoir les revenus qu’ils génèrent.
Yvo de Boer est plutôt en faveur des lois de limite et d’échange, qui permettent de limiter les émissions de dioxyde de carbone et d’offrir un moyen pour ceux qui émettent plus que la limite autorisée d’acheter des crédits de dioxyde de carbone à ceux qui émettent moins que la limite autorisée.
« Ce que la communauté des entreprises réclame pour le moment c’est une certitude à long terme, des limites d’émissions de dioxyde de carbone claires établies par les gouvernements afin que les entreprises sachent quelle sorte de décision d’investissement elles devront prendre » a ajouté Yvo de Boer.
Le groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat des Nations Unies a déclaré que les émissions responsables du réchauffement climatique doivent être réduites de 50% d’ici 2050, mais que sans investissement pour freiner le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre pourraient bien à la place augmenter de 50%, a averti Yvo de Boer.
Yvo de Boer a déclaré que le monde investirait probablement 20 billion de dollars au cours des 20 à 25 prochaines années pour satisfaire la demande en énergie qui accompagne la croissance économique. Pour faire que ces investissements soient « verts » il faudra un investissement supplémentaire qui pourra atteindre les 100 milliards de dollars par an, d’après Yvo de Boer.
Yvo de Boer a déclaré qu’il était encouragé par les commentaires qui ont été faits par les nations en développement lors du meeting, ces pays en développement reconnaissant le besoin de combattre le réchauffement climatique –qui frappe les pays les plus pauvres du monde de manière disproportionnée- même si leur économie est actuellement en pleine croissance.
Par exemple, Faisal Saleh Hayat, le ministre de l’environnement du Pakistan a déclaré au nom du Groupe des 77 nations en développement et de la Chine : « Le réchauffement climatique pose des risques et des défis sérieux au monde et particulièrement aux pays en développement. En conséquent le réchauffement climatique demande une réponse et action mondiale. Le Groupe des 77 et la Chine voient ces discussions comme une partie intégrale d’un débat plus large à propos du développement durable ».
Ce meeting des Nations Unies sur le réchauffement climatique qui a lieu cette semaine était un prélude à un rassemblement de plus haut niveau le 24 Septembre sur le même sujet. Ce rassemblement sera suivi par un meeting international à Bali en Indonésie en décembre, au cours duquel les discussions sur l’avenir de la lutte contre le réchauffement climatique devraient être lancées.
Yvo de Boer qui est chargé d’organiser les discussions du rassemblement de Bali, a déclaré qu’un des défis était de parvenir à un plan sur le réchauffement climatique que les Etats-Unis puissent accepter.