La proposition du Sénat des Etats-Unis de limiter et finalement réduire les émissions de dioxyde de carbone ne ralentirait la croissance économique que de 1.6% d’ici 2030, d’après l’Agence Américaine pour la Protection de l’Environnement (EPA).
L’analyse de l’EPA contredit ceux qui s’opposent aux limites obligatoires sur les émissions de dioxyde de carbone et qui affirment que l’économie américaine serait très affectée si les Etats-Unis mettaient en vigueur la loi soutenue par les leaders démocrates du Sénat et de la Chambre des Représentants.
Les sénateurs Joseph Lieberman, un indépendant du Connecticut, et John McCain, un républicain de l’Arizona, ont demandé à l’EPA d’analyser en février leur plan de réduire les émissions de dioxyde de carbone des Etats-Unis de 65% d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990.
L’EPA a découvert que la législation proposée par les Démocrates, la Climate Stewardship and Innovation Act of 2007 diminuerait de 1.6%, soit 419 milliards de dollars le PIB des Etats-Unis en 2030, et de 3.2%, soit de 1.332 billion de dollars en 2050.
Lors d’une audience devant un sous-comité du Comité de l’Environnement du Sénat mardi, Joseph Lieberman a fait remarquer que « rien n’est gratuit » et a qualifié les conséquences de la législation sur le dioxyde de carbone de « gérables et abordables ».
La totalité des sénateurs des Etats-Unis pourraient considérer la législation sur le réchauffement climatique pour la première fois cet automne, d’après Joseph Lieberman.
Le Comité de l’Environnement du Sénat devrait classer au moins cinq propositions pour lutter contre le réchauffement climatique.
Le sénateur de Californie, Barbara Boxer, présidente du comité, a déclaré qu’elle voulait que les membres examinent les propositions à leur retour de la pause d’été en Septembre.
Les Etats-Unis sont le pays qui émet le plus de dioxyde de carbone, l’un des gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, de la fonte des glaciers et de l’augmentation du niveau des mers.
Joseph Lieberman a aussi déclaré que l’analyse de l’EPA avait montré que son plan de législation pourrait maintenir les niveaux de dioxyde de carbone émis par les Etats-Unis en dessous de 500 parties par million d’ici la fin du siècle, un niveau clé que les scientifiques internationaux estiment pouvoir soulager le monde des pires conséquences du réchauffement climatique.
L’analyse de l’EPA a aussi prouvé que les prix de l’essence aux Etats-Unis augmenteraient de 26 cents par gallon (1 gallon= 3.7 litres) en 2030 et 68 cents par gallon en 2050. les prix de l’électricité et du gaz naturel devraient aussi augmenter progressivement.
Un régime de limitation et de commerce adoptés par la plupart des propositions législatives du Congrès des Etats-Unis serait à l’origine de la création d’un marché brassant des millions de dollars pour le commerce des crédits d’émission (les permis de polluer).
Si la proposition de loi McCain-Lieberman est édictée, l’EPA pense que le marché pour les crédits et les compensations pour les émissions de gaz à effet de serre serait de 25 milliards de dollars en 2030 et de 27 milliards de dollars en 2050.
Pour protéger les consommateurs américains de la fluctuation des prix sur ces marchés, quatre sénateurs américains ont proposé mardi une législation qui formerait une structure pour contrôler les marchés du dioxyde de carbone et intervenir pendant les fluctuations des prix les plus importantes.