La réduction des émissions de gaz à effet de serre par des actes de compensation, (acte appelé communément en anglais Carbon offsetting) a un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais elle a besoin de toute urgence d’un code pratique, d’après le comité pour l’environnement des Parlementaires du Royaume-Uni.
L’offsetting volontaire, c’est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre par la compensation, est une pratique distincte de l’achat des réductions d’émissions de dioxyde de carbone, et implique que des individus et des compagnies payent d’autres compagnies pour réduire leurs émissions à leur place.
« Sans la transparence, les consommateurs n’auront pas assez confiance pour acheter ou du moins faire du commerce d’émissions de gaz à effet de serre. Le marché a besoin de cette confiance s’il veut croître » d’après un rapport publié par le Comité pour l’environnement de la Chambre des Communes du Royaume-Uni.
« Le gouvernement du Royaume-Uni doit agir rapidement » d’après le rapport, qui qualifie aussi de trop restrictif la proposition récente du Royaume-Uni d’appliquer au marché volontaire les standards obligatoires existants demandés pour le commerce de dioxyde de carbone par le Protocole de Kyoto.
« Cette restriction non nécessaire pourrait affecter sérieusement la croissance du Marché vérifié de la réduction des émissions » indique le rapport, ajoutant que le marché régulé avait par exemple largement contourné les projets en Afrique, quelque chose que le marché volontaire pourrait rectifier.
Illustrant le besoin de standards concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le rapport des Parlementaires du Royaume-Uni citait un projet où les plantes sont mortes en raison d’un manque d’eau, plantes qui étaient censées absorber le dioxyde de carbone et de ce fait réduire les émissions de gaz à effet de serre lors des concerts du groupe de rock britannique Coldplay.
Une autre préoccupation du rapport est que les compagnies ne sont pas toujours honnêtes en termes de réduction des émissions du dioxyde de carbone, de telle façon qu’une compagnie peut dire qu’elle est neutre en dioxyde de carbone, ce qui signifie qu’elle absorbe toutes ces émissions, alors qu’elle ne l’ait pas. Elle n’aura donc pas à changer son comportement.
Le rapport donne aussi la preuve que les émissions de dioxyde de carbone de la banque du Royaume-Uni, HSBC, ont augmenté cette année, alors qu’elle se déclarait être neutre en carbone en 2005.
Par ailleurs, le rapport est plutôt critique en ce qui concerne les efforts de la compagnie British airways en terme d’environnement et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
« Depuis que son schéma de réduction, avec le Climate Care, a été lancé en 2005, la compagnie aérienne du Royaume-Uni, British Airways a encouragé l’achat de seulement 1600 tonnes d’émissions en moyenne chaque année, ce qui représente approximativement les émissions de quatre vols aller-retour pour New York », peut-on lire dans le rapport. Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre par compensation, une compagnie peut effectivement encourager les consommateurs à réduire leurs émissions.
Le commerce des réductions volontaires est en plein boom, surtout alors que les entreprises telles que Google, Yahoo, Marks and Spencer et News Corporation ont fait des démarches pour être neutre en dioxyde de carbone. Le volume d’échanges de permis d’émissions de gaz à effet de serre aurait doublé voire triplé l’année dernière.
Le rapport publié aujourd’hui par les Parlementaires du Royaume-Unie a aussi appelé à un relâchement des règles du CDM (Clean Developement Mechanism) du Protocole de Kyoto, disant qu’il était pour le moment trop restrictif, bureaucratique et coûteux, et qu’il favorisait trop les grands projets industriels.