Comme c’est déjà le cas à Lyon ou encore à Orléans, un nouveau service de location de vélos a vu le jour hier à Paris. Ainsi, à l’heure du tour de France, les cyclistes parisiens pourront flâner dans les rues de Paris pour quelques euros, grâce aux robustes vélos gris mis à leur disposition par la municipalité.
Le service Vélib' a été inauguré dimanche 15 juillet. Bertrand Delanoë, le maire PS de la capitale, a mis la barre très haut : l'objectif affiché est que 200 000 Parisiens se convertissent au vélo d'ici un an.
Cette initiative est louable à de nombreux points de vue. En effet, elle permet de « démocratiser » l’utilisation du vélo en ville, et elle a donc un impact direct sur l’environnement, si les Parisiens se mettent rapidement à préférer prendre le vélo plutôt que leur voiture pour leurs déplacements en ville.
De plus, il est vrai que le grand succès qu’a connu l’opération similaire Vélo’v à Lyon, est plutôt encourageant pour Vélib’.
Fera-t-elle pour autant sortir le vélo, à Paris, de sa marginalité ? La réussite ou non de l'opération donnera en tout cas une indication du degré de consentement des Parisiens à un effort individuel pour réduire pollution et émission de gaz à effet de serre.
Mais il est vrai qu’il existe de nombreux obstacles au développement du vélo en ville.
Le premier problème est celui de la sécurité. Un cycliste est très vulnérable, plus que le marcheur qui lui peut circuler sur les trottoirs. La multiplication des cyclistes, multipliera d’autant les risques.
Un deuxième obstacle va être celui de la météo. En effet, le vélo reste un moyen de transport réservé à l’été ou du moins au beau temps. Il est en effet peu agréable d’enfourcher un vélo dont la selle est trempée par la pluie, et de rouler sous une averse en pleine ville.
De plus, le danger et l'inconfort sont accrus par une voirie parisienne peu accueillante, où les pistes cyclables ne sont pas monnaie courante. Contraindre les cyclistes à emprunter des couloirs "protégés" où ils côtoient bus, taxis et deux-roues motorisés en infraction est une solution inadaptée et dangereuse.
Et si la Mairie de Paris s'engage à multiplier les vélos de Vélib', elle ne dispose en réalité pas d'un véritable réseau de pistes cyclables sécurisées, malgré ses efforts réels.
Un autre obstacle sera celui du relief de Paris. La ville n’étant pas tout à fait plate, le vélo en découragera plus d’un, surtout les personnes allant à des rendez-vous et ne désirant pas arriver en sueur.
Pourtant, malgré tous ces obstacles, l’inauguration du Vélib’ a connu hier un franc succès.
Le nouveau système de vélos en libre service à Paris, Vélib', enregistrait, dimanche 15 juillet, à 19 heures, 22.500 sorties sur les 10.648 engins mis à disposition. 13.000 Parisiens ont déjà pris un abonnement.
Dans un discours, le maire de Paris, Bretrand Delanoë a souligné que l’initiative Vélib' répondait notamment à « un problème de santé publique » et participait à l'amélioration de « la qualité de l'air », ainsi qu'à « la préservation de notre patrimoine naturel ».
« Nous l'avons tous constaté, maires de grandes villes, dans le domaine des déplacements, la demande suit l'offre. Elargissez l'offre de déplacement alternatifs et les citoyens vont vers (ces moyens) », a-t-il ajouté.
Denis Baupin, adjoint Verts chargé des Transports à Paris, a précisé à l'AFP que Vélib' comptait déjà 13.000 abonnés. « Ca dépasse ce qu'on imaginait, ça montre bien qu'il y avait vraiment une attente ».
Les quelques petits problèmes techniques rencontrés lors de l’inauguration –concernant notamment les cartes d’abonnement-, n’ont pas nuit au succès du Vélib’. Vélib' est accessible à partir de 14 ans, moyennant un abonnement d'un euro pour un jour, cinq euros pour 7 jours ou 29 euros pour un an. La première demi-heure d'utilisation est gratuite, les tarifs étant modulés progressivement ensuite en fonction de la durée. Un déplacement à vélo à Paris dure 25 minutes en moyenne.
Dans un premier temps, le réseau disposera de 750 stations et de 10.648 vélos. En fin d'année il doit compter 1.451 stations, une environ tous les 300 mètres, et 20.600 vélos.