Sous le coup d’une pression internationale, l’Inde a fait vendredi le premier pas vers le développement d’un programme national pour combattre les effets du réchauffement climatique et réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le premier ministre Manmohan Singh a mis en place un Conseil sur le Réchauffement Climatique, qu’il préside, et qui a tenu son premier meeting afin de mettre au point un programme national, ce en prévision d’un meeting important des Nations Unies sur le réchauffement climatique, qui aura lieu à Bali en décembre.
Le Conseil sur le Réchauffement climatique de l’Inde ne devrait toutefois pas définir d’objectifs de réductions de l’ensemble des émissions du pays.
« L’Inde répond aujourd’hui à l’urgence de la situation » a déclaré Sunita Narain, membre du Conseil sur le réchauffement climatique et directeur du Centre pour la Science et l’Environnement un groupe de New Delhi.
« Nous n’avons jamais été très bon pour organiser les choses, et il est temps aujourd’hui d’articuler toutes les choses que l’Inde fait et prévoit de faire pour s’adapter et nuancer le réchauffement climatique ».
L’Inde, dont l’économie a connue une croissance de 8 à 9% ces dernières années, est l’un des pays qui polluent le plus au monde. L’Inde contribue ainsi à 4% des émissions totales de gaz à effet de serre, alors que sa consommation d’énergie fossile s’accélère.
Mais en tant que nation en développement, l’Inde n’est pas dans l’obligation de réduire ses émissions sous le Protocole de Kyoto, malgré la pression internationale croissante des groupes de protection de l’environnement et des nations industrielles.
Le nouveau programme national ne comprendra pas d’objectifs de réductions des émissions totales. L’Inde justifie cette absence de tels objectifs en disant que le pays devra utiliser plus d’énergie pour sortir sa population de la pauvreté et que ses émissions par tête ne représentent qu’une fraction des émissions par tête des pays riches, qui ont utilisé à outrance la combustion des énergies fossiles depuis la Révolution Industrielle, ce qui n’est pas le cas de l’Inde.
A la place de ces objectifs d’ensemble, les 21 membres du conseil (qui comprend des ministres, des écologistes, des industriels et des journalistes) vont sûrement envisager des manières d’améliorer l’efficience énergétique du pays, sans nuire à la croissance. Le conseil réfléchira aussi à la manière dont il pourra promouvoir les sources d’énergie renouvelable.
Le conseil réfléchira également aux moyens de combattre les effets du réchauffement climatique, qui menacent la vie de centaines de millions d’individus sur le continent indien – qui est sans doute l’une des régions du monde qui est et sera les plus touchées par le réchauffement climatique.
« Les ministères de l’environnement, de l’industrie et de l’agriculture ont travaillé séparément sur le problème du réchauffement climatique, et il a été difficile pour eux de communiquer et de se coordonner sur une politique unique » d’après un responsable de l’environnement en Inde.
« Ce conseil nous aidera à parvenir à un consensus sur la question du réchauffement climatique en Inde, et ces décisions s’appliqueront à chaque secteur ».
Les glaciers de l’Himalaya sont actuellement en train de fondre très rapidement, ce qui pourrait mettre en danger les réserves d’eau de centaines de millions d’individus en Inde, alors que l’augmentation du niveau des mers menace des villes comme Mumbai ou Kolkata.
D’après les scientifiques, les inondations et les sécheresses pourraient devenir de plus en plus fréquentes en Inde, et le risque de maladies plus important.