Un groupe de sénateurs américains a dévoilé mercredi un projet de loi sur le réchauffement climatique soutenue par l’industrie, qui pourrait mettre en place des limites obligatoires aux émissions de dioxyde de carbone aux Etats-Unis. Ces limites pourraient entrer en vigueur en 2012.
Les syndicats travaillistes représentants les mineurs, les fabricants automobiles, et les dirigeants des sept grandes compagnies d’électricité ont ratifié le Low Carbon Economy Act of 2007. AFL-CIO, la plus grande fédération des travailleurs des Etats-Unis a aussi ratifié cet acte.
Les émissions des Etats-Unis seraient réduites de 60 % par rapport aux niveaux actuels d’ici 2050, avec des objectifs intermédiaires en 2020 et en 2030. Ces objectifs seraient atteints au moyen d’un système de plafonnement et d’échange qui permettrait aux industries soient de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, soient d’acheter des crédits pour dépasser les quotas.
Pour s’assurer du soutien de l’industrie, les auteurs principaux de la loi, les sénateurs Jeff Bingaman, démocrate du Nouveau Mexique, et Arlen Specter, républicain de Pennsylvanie, ont établi des limites concernant les prix des émissions pouvant faire l’objet d’un échange et de crédits. Ces crédits devront être achetés par l’industrie si elle dépasse ou veut dépasser les émissions autorisées.
Cette loi a suscité la colère des groupes de protection de l’environnement, qui ont déclaré que les provisions de la loi, faisant office de « valve de sécurité », vont en réalité nuire à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces provisions mettent en place une limite initiale de 12 dollars par tonnes pour le prix des crédits d’émission.
« Nous nous doutons bien que les industriels qui utilisent la combustion de charbon sont contents de cette loi » a raillé Frank O'Donnell, du groupe de protection de l’environnement Clean Air Watch. « Ils peuvent gagner le jackpot avec cette loi ».
Dan Becker, directeur du réchauffement climatique du Sierra Club, a qualifié la provision de cette loi de « valve de sécurité » qui pourrait bien créer « une formule pour l’inaction ».
Lors d’une conférence de presse, les sénateurs qui ont rédigé la loi ont été soutenus par une douzaine de syndicats et de responsables de l’industrie, y compris les PDG de American Electric Power, Duke Energy Corporation, Edison International, Exelon Corporation, PNM Resources, PPL Corporation et NRG Energy Inc.
De tous les actes de loi du Congrès pour s’adresser au problème des émissions de gaz à effet de serre et de dioxyde de carbone, « celui-ci est bien réel » a déclaré John Rowe, PDG de la compagnie Exelon, qui possède une grande flotte de réacteurs nucléaires. « Cette loi établit des objectifs stricts, et elle construit de vraies passerelles pour atteindre ces objectifs ».
Les PDG des différentes compagnies soutenant le projet de loi ont mis l’accent sur le fait que la loi leur permettrait de continuer à faire fonctionner des usines de production d’électricité à partir de la combustion de charbon, tout en se dirigeant vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Jeff Bingaman avouait que faire passer cette année par le Congrès une loi qui mettait en place des limites concernant les émissions de gaz à effet de serre serait quelque chose de difficile. Mais ce sénateur insistait sur le fait que cette loi était le résultat d’un partenariat républicain-démocrate qui pourrait peut être séduire l’ensemble du Congrès.
La républicaine Nancy Pelosi, de la Chambre des Représentants des Etats-Unis a déclaré qu’elle souhaitait tenir un débat sur le réchauffement climatique d’ici l’automne.
Les Etats-Unis sont le pays qui émet le plus de gaz à effet de serre au monde.
La Maison Blanche s’est opposée à des objectifs obligatoires et contraignants concernant les gaz à effet de serre, et a appelé à des réductions volontaires de l’intensité des émissions de 18% d’ici 2012.