Le parquet a décidé le vendredi 22 juin dernier l’ouverture une enquête pénale après l’annonce faite par le quotidien Le Progrès/La Tribune, d’une pollution par le nickel dans le voisinage de l’entreprise BERU, à Chazelles sur Lyon (Loire), après des rejets de nickel dans l’air.
Les habitants du quartier du Clos Meunier et des environs avaient en effet constaté le week-end des 9 et 10 juin dernier, des dommages importants et soudains sur la végétation de leurs jardins: pelouse jaunie, fleurs brûlées, feuillages de certains arbres tachés, perte des feuilles.
Après constat, la gendarmerie a contacté l’entreprise BERU voisine qui produit des bougies pour véhicules. Les responsables de BERU ont constaté que plusieurs parcelles étaient effectivement contaminés par des rejets de l’entreprise. L’entreprise BERU a demandé avec l’assistance de la gendarmerie et par principe de précaution, aux habitants du voisinage de ne pas consommer des légumes jusqu’à nouvelle notification. La gendarmerie a recherché l’origine et des causes de cet évènement au sein de ses installation.
Dysfonctionnement d'un ventilateur
BERU a déterminé que le rejet avait été provoqué par un dysfonctionnement du ventilateur d’extraction des gaz du traitement de surface. Normalement, les vésicules de nickel aspirées par le ventilateur sont traitées dans la station de traitement des eaux.
Or, le système de vidange du ventilateur avait été obstrué par des concrétions de nickel et le nickel en solution s’est échappé dans l’atmosphère. Pour l’entreprise, « l’émission ponctuelle de nickel dans l’atmosphère semble être à l’origine des observations au voisinage du site. »
Il est important de souligner que BERU réalise une surveillance régulière de ses émissions en conformité avec l’arrêté préfectoral qui autorise son fonctionnement. BERU a demandé le 11 juin à SOGREAH d’effectuer, ce qui a été réalisé aussitôt, des prélèvements de sol en surface et en profondeur et des prélèvements d’échantillons de légumes. Les résultats obtenus le 20 juin montrent pour les sols, des teneurs en nickel comparables aux concentrations couramment observées dans les sols « ordinaires » en France.
En revanche, les légumes ont présenté des teneurs importantes vraisemblablement sous forme d’un dépôt foliaire. L’entreprise a recommandé d’interdire aux riverains de consommer les végétaux produits hors serre. Des études complémentaires seront prochainement réalisées afin de définir d’une part, l’extension de la zone d’interdiction et d’autre part, la durée de l’interdiction.